En Haïti, la presse écrite structure la production de l’information reprise par la radio, tandis que l’intelligence artificielle, utilisée comme outil d’appui sous contrôle éditorial strict, permet d’en améliorer l’efficacité sans se substituer au travail journalistique.
CONTEXTE
En Haïti, la presse écrite et en ligne demeure la matrice centrale de la production de l’information : c’est là que se construisent les angles, que s’organisent les faits et que s’inscrivent des traces vérifiables. Les rédactions travaillent souvent avec des équipes réduites, des délais serrés et une connectivité inégale.
Dans cet écosystème, la radio — média particulièrement influent — relaie, commente et amplifie quotidiennement les contenus issus de la presse écrite. Il est donc essentiel que l’écrit soit rigoureux, solidement sourcé et suffisamment structuré pour être repris à l’antenne sans déformation.
L’intelligence artificielle (IA) apparaît dans ce contexte comme une boîte à outils en amont de l’écriture : transcription d’entretiens, premiers résumés de rapports, traduction de travail, organisation des notes, propositions de titres et d’intertitres, normalisation des métadonnées, vérifications rapides (citations, chronologies, images déjà publiées).
Ces apports ne prennent toutefois tout leur sens que sous maîtrise éditoriale stricte : relecture humaine, traçabilité des sources et des versions, respect des droits d’auteur et de la vie privée, prudence face aux données sensibles. L’IA est un accélérateur, non un rédacteur en chef. Cette 19e édition des Rendez-vous du CEIMH se concentre exclusivement sur le cas haïtien, en montrant également comment la solidité de l’écrit bénéficie à la radio qui le relaie quotidiennement.
PROBLÉMATIQUE
Comment intégrer l’intelligence artificielle, de manière sobre et responsable, dans les routines des rédactions écrites haïtiennes afin d’améliorer la préparation, la vérification et la présentation de l’information, tout en préservant l’éthique professionnelle, la qualité éditoriale et la confiance du public, y compris lorsque ces contenus sont repris par la radio ?
2. OBJECTIFS DE LA CONFÉRENCE
- Éclairer les capacités et les limites de l’IA pour la presse écrite haïtienne (transcription, résumé, traduction de travail, titraille, vérification, métadonnées).Débattre des enjeux éthiques et juridiques : droits d’auteur, protection de la vie privée, transparence de l’usage de l’IA, biais linguistiques et culturels (français / créole).
- Partager des retours d’expérience concrets et des routines réalistes applicables dans les rédactions écrites (quotidiens, hebdomadaires, plateformes numériques).
- Proposer un protocole éditorial minimal : qui utilise quels outils, à quelle étape, avec quels garde-fous et quelles validations humaines, y compris pour la reprise radiophonique.
SOUS-THÈMES ET INTERVENANTS
1. IA et métier d’écrire : coup de pouce ou ligne rouge ?
Intervenant : Frantz Duval Journaliste – Rédacteur en chef du quotidien Le Nouvelliste – Directeur de Ticket Magazine
Angle : De la copie brute au texte publié : où l’IA peut réellement aider la rédaction (préparation, structuration, vérifications rapides) et où elle peut fragiliser la responsabilité éditoriale, la crédibilité du média et la relation de confiance avec le public.
2. Dacely Bertrand, Ingénieur télécom | Maîtrise en technologies de l’informationProfesseur, University of the People (Californie),
Professeur, American University of the Caribbean (Les Cayes)
Angle : L’intelligence artificielle dans la presse haïtienne à l’angle de l’augmentation humaine et souveraineté informationnelle
Modération: Worlgenson Noël Journaliste – Maîtrise en communication publique – Membre du Bureau de gestion du CEIMH
FORMAT DE L’ÉVÉNEMENT
- Interventions courtes en séance plénière
- Échanges dirigés entre modérateur et intervenants
- Session de questions-réponses avec le public
Intervenant(s)
Frantz Duval
Dacely Bertrand